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Le blog de l'information alternative et de la santé naturelle

De l'assassinat de JF Kennedy aux Attentats du 11 septembre 2001

13 Novembre 2018 , Rédigé par motarcs Publié dans #Ethique, #Géopolitique, #manipulations

Voici un ouvrage de Laurent Guyénot particulièrement bien documenté sur toutes les "magouilles", mensonges et manipulations qui se sont déroulées aux USA depuis le début des années 1960 jusqu'à nos jours et qui nous ont mené l'ensemble de la planète dans cette psychose du terrorisme.

Les USA étant dans l'inconscient collectif le pays de la liberté, on ne peut que s'interroger sur le "niveau" des mêmes manipulations dans les autres pays, et tout particulièrement dans le nôtre, celui des pays des (supposés) "droits de l'homme", la France !

A lire jusqu'au bout, pour pouvoir prendre le recul indispensable ... et surtout ne "pas mourir idiot"....

https://livre.fnac.com/a6537547/Laurent-Guyenot-JFK-11-SEPTEMBRE-50-ans-de-manipulations  

Introduction

Le sujet de ce livre est l’histoire profonde des États-Unis et de sa sphère d’influence durant les cinquante dernières années. Par « histoire profonde » (Deep History) ou « politique profonde » (Deep Politics), le politologue Peter Dale Scott entend les décisions et activités occultes qui déterminent les grands événements historiques, et tout particulièrement les conflits armés. L’histoire profonde s’appuie sur les documents secrets déclassifiés ou fuités et sur le journalisme d’investigation, plutôt que sur les rapports officiels ou les discours publics, pour expliquer les soubresauts de l’histoire. Elle inclut, mais ne se limite pas à l’histoire des services secrets (la communauté états-unienne du Renseignement comprend seize agences gouvernementales). Considérant que les événements déclencheurs de guerre retenus par la « grande histoire » sont presque toujours de faux prétextes, l’histoire profonde est nécessairement révisionniste. Elle est aussi pacifiste, puisqu’elle cherche à exposer à la lumière les vraies causes des guerres. Elle est menée par des investigateurs indignés plutôt que par les historiens de métier. Elle est « conspirationniste » si l’on entend par là qu’elle admet le rôle des complots et pactes secrets, des opérations d’infiltration et manipulation, des financements occultes et trafics d’influence, des guerres psychologiques et campagnes de désinformation, des opérations paramilitaires et clandestines, dans la marche du monde depuis le début de la Guerre froide, et de manière croissante depuis le 11-Septembre. En fait, seule l’histoire profonde permet d’expliquer le basculement du monde de la Guerre froide à la Guerre anti-terroriste, autrement dit du 20ème au 21ème siècle, car cette évolution résulte directement de l’action la plus secrète des États.

Une part importante de l’histoire profonde est consacrée aux « opérations sous fausse bannière » (false flag), par lesquelles un État feint une attaque ennemie pour justifier son entrée en guerre au nom de la légitime défense, auprès de sa propre opinion publique comme de la communauté internationale. Il s’agit pour l’agresseur de se faire passer pour l’agressé. L’histoire institutionnelle – écrite par les vainqueurs – accuse volontiers les nations vaincues de tels agissements : on sait qu’en 1931, lorsque l’armée japonaise décida d’envahir la Manchourie, elle dynamita ses propres rails de chemin de fer près de la base militaire de Mukden et accusa les Chinois de ce sabotage. On soupçonne aussi qu’en 1939, lorsqu’Hitler eut besoin d’un prétexte pour envahir la Pologne, il ordonna l’assaut de soldats et détenus allemands revêtus d’uniformes polonais sur l’avant-poste de Gleiwitz. Et l’on soupçonne qu’auparavant, en 1933, il avait fait incendier le palais du Reichstag pour accuser un « complot communiste » et suspendre les libertés individuelles. En revanche, les nations victorieuses parviennent plutôt bien à maintenir enfouis leurs propres mensonges et crimes de guerre. C’est le rôle de l’historien des profondeurs de les exhumer.

L’histoire profonde est l’histoire de l’« État profond » (Deep State), par quoi l’on désigne les structures de pouvoir qui, dans les coulisses du spectacle politique, mettent en branle les grands mouvements de l’histoire. Bien qu’il ait toujours existé, l’État profond s’est renforcé dans les démocraties modernes (dans une dictature il se confond avec l’État public), en raison du besoin éprouvé par certaines forces de se retrancher hors du regard des citoyens et des sanctions électorales. L’État profond est hostile aux institutions démocratiques de l’État républicain. La transparence que revendique le second est l’ennemi du premier. Mais l’État profond cherche moins à détruire la démocratie qu’à en fixer les limites et l’influencer. Aux ÉtatsUnis, il a pris en cinquante ans le contrôle presque total de la politique étrangère, de sorte que toutes les actions directes ou indirectes des États-Unis dans le monde ont des causes cachées du grand public.

La puissance exceptionnelle de l’État profond aux ÉtatsUnis s’explique par la nature double et contradictoire de cette nation, que l’on peut caractériser par l’oxymore « démocratie impériale » : à l’intérieur des frontières, la nation américaine est une démocratie, mais à l’extérieur, elle se comporte comme un empire ou une puissance coloniale. L’État profond est le cœur invisible de l’Empire, le centre de commandement de la violence impériale. Autant que possible, cette violence doit rester cachée aux yeux et à la conscience du citoyen américain, qui doit être convaincu que son gouvernement n’agit dans le monde que pour y défendre la liberté et la démocratie. C’est pourquoi l’État profond a constamment besoin de se camoufler, aux yeux de l’opinion publique, derrière un nuage de propagande droit-del’hommiste.

Bien qu’il puisse à l’occasion se comporter comme un « gouvernement invisible », l’État profond n’est pas une structure, mais plutôt un milieu polymorphe et changeant. Des clans s’y font et s’y défont au gré des alliances et trahisons. Certains de ces clans sont unis par des liens personnels de sang ou d’argent, auxquels peuvent s’ajouter des réseaux de type initiatique ou mafieux. Certains sont communautaires et même, dans plus d’un cas, solidaires d’un gouvernement étranger, auquel ils peuvent être reliés par les galeries souterraines que constituent les services secrets. D’autres clans sont idéologiques, mais nourrissent des visions mondialistes ou suprématistes peu compatibles avec le patriotisme républicain classique et avec les valeurs universelles dont se réclame l’État public. Enfin, certains acteurs majeurs de l’État profond ne semblent mus que par la soif du pouvoir personnel : dans les rouages profonds de l’État excellent les psychopathes. C’est la tâche de l’histoire profonde d’identifier, derrière la propagande, ces projets et ces loyautés qui ne s’énoncent qu’à l’abri des médias.

Les acteurs de l’État profond ne sont pas nécessairement inconnus du public. Bien qu’ils intriguent en cercles discrets ou secrets, leur influence sur le monde n’est pas totalement occulte. Il leur arrive d’ailleurs, avec l’âge, de s’en vanter. Les plus puissants occupent de hautes fonctions gouvernementales, où ils sont toutefois plus souvent nommés qu’élus. Mais le rôle qu’ils jouent sur la scène publique est alors différent de celui qu’ils tiennent en coulisses. L’un des postes clés de l’État profond états-unien est celui de conseiller à la Sécurité nationale (National Security Advisor), parce qu’il est protégé par le secret d’État institutionnel. Récemment, ce sont ses conseillers, encore plus discrets, qui ont tiré les ficelles.

Pour l’élite qui opère au niveau profond du pouvoir, le monde est un terrain d’affrontement où toutes les formes de guerre sont permises. L’information est une arme aussi cruciale que l’argent pour la lutte contre les opposants politiques, mais aussi pour le contrôle de l’opinion publique et la manipulation de la démocratie. Les acteurs profonds font l’histoire (history) en racontant des histoires (stories) au peuple. L’expression « état profond » pourrait donc aussi désigner le sommeil hypnotique dans lequel les vrais pouvoirs maintiennent la masse des citoyens pour gouverner à leur insu et, surtout, les amener à approuver la guerre.

Ce livre est divisé en deux parties : la première se situe dans le contexte de la Guerre froide, la seconde dans le contexte de la Guerre contre le terrorisme. La période globale abordée commence peu avant le 22 novembre 1963 et culmine au 11 septembre 2001 : ce sont les deux événements profonds que nous explorerons, car ce sont les plus lourds de conséquences dans l’histoire moderne de l’empire américain. Par « événement profond », nous entendons des événements dont la causalité est majoritairement cachée et dont n’émerge à la lumière de l’actualité qu’une infime partie, généralement trompeuse. Il faut environ cinquante ans pour qu’un événement profond acquière, au rythme de la déclassification des archives, une transparence suffisante rendant son explication officielle insoutenable (c’est aussi le temps pour la génération directement impliquée de disparaître). Aussi la recherche de la vérité sur l’assassinat de Kennedy sort-elle tout juste du ghetto « conspirationniste » où l’avait reléguée la culture institutionnelle. Le crime de Dallas est devenu un cas d’école ; il apporte, à qui s’en donne la peine, la preuve de l’existence de l’État profond, de son lien vital avec la Guerre, et de sa capacité à changer le cours de l’histoire tout en façonnant l’opinion publique. L’ambition principale de ce livre est d’éclairer le 11-Septembre à la lumière du 22Novembre, mettre en relief leurs ressemblances structurales, montrer comment l’un a rendu l’autre possible à trente-huit ans d’intervalle, suivre le fil souterrain qui mène de l’un à l’autre et anticiper son cheminement futur.

Les liens entre les deux affaires sont structurels mais aussi personnels. Ils passent notamment par George H.W. Bush, qui était secrètement à la CIA et présent à Dallas le 22 novembre 1963, bien avant de devenir patron de la CIA, puis viceprésident, puis président, puis père de président. C’est pourquoi ceux qui défendent encore bec et ongles la thèse gouvernementale sur la mort de Kennedy sont les mêmes que ceux qui s’efforcent d’empêcher l’émergence de la vérité sur le 11-Septembre. Inversement, dénoncer le complot interne du 11-Septembre sans élucider l’assassinat de Kennedy, c’est un peu comme raconter le Déluge de Noé sans parler du Péché d’Adam.

Je me suis donné pour objectif la brièveté. J’ai voulu aller à l’essentiel, de façon à fournir une narration aussi fluide que possible à l’usage du profane non anglophone. Il ne s’agit pas de démontrer une thèse par accumulation d’arguments, mais d’assembler avec cohérence les faits les plus parlants, ceux qui donnent les clés suffisantes de la politique profonde. L’intention était de dessiner une vue d’ensemble à partir d’éléments soigneusement sélectionnés. Renonçant aux pistes trop obscures ou imbriquées, je me concentre sur les épisodes les plus certains et les plus déterminants, c’est-à-dire sur le minimum à maîtriser pour comprendre la nature cachée du monde dans lequel nous vivons, et la genèse du nouvel ordre (ou désordre) mondial qui se profile à l’horizon.

Les règles adoptées sont l’exactitude et la précision. L’essentiel du livre est constitué de faits avérés. Les rares hypothèses ou interprétations avancées seront clairement énoncées comme telles. Toute rumeur infondée a été exclue. La plupart des données incluses dans ce livre sont bien connues des chercheurs rigoureux. Dans le souci d’aider le lecteur à contrôler toute affirmation et approfondir toute information par un moteur de recherche internet, je fournis systématiquement les dates, noms propres et autres mots-clés utiles. Ce qui vaut pour les événements vaut aussi pour les citations : ne sont retenus que des propos mémorables, informatifs et non contestés. S’il s’agit de paroles rapportées, la source est indiquée. Je me suis efforcé de laisser la parole aux protagonistes, en évitant tout procès d’intention. Toute information est clairement référencée en note.

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