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Le blog de l'information alternative et de la santé naturelle

AFSSAPS, Médiator, Vioxx, Staltor, Avandia, scandales sanitaires en série

6 Mars 2011 , Rédigé par motarcs Publié dans #Medecines, Recherches, Ethique

La succession des derniers scandales sanitaires et le cortège de victimes des effets dits "indésirables" oblige de s'interroger sur la fiabilité et l'indépendance de l'Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé.

Bien après le scandale de la thalidomide, le diéthylstilboestrol (oestrogène de synthèse), commercialisé sous le nom de Distrilbène a été prescrit à grande échelle pour éviter les avortements spontanés. Aux Etats-Unis, la Food and Drug Admministration (FDA), chargée d'autoriser la commercialisation des médicaments aux USA en a interdit l'usage dès 1971. Motifs : risques de cancers de l'utérus chez la mère et de malforamation de l'appareil génital de l'enfant.

En France, ces risques étaient pourtant connus, mais on a continué de l'administrer pendant SIX ANS !

En 1992, on apprend qu'environ 80 000 jeunes françaises sont menacées de stérilité et de troubles gynécologiques parce que 20 ans plus tôt, leurs mères ont pris de médicament sur les conseils de leurs médecins, avec la garantie des fabricants.

En 40 ans, le nombre de victimes de ce poison dans notre pays est estimé à 360 000.

En mai 2006, une étude menée par une biologiste du CNRS, Marie Odile GOBILLARD-SOYER, met en évidence une véritable série de suicides chez les enfants de femmes ayant pris du Distrilbène. La justice demande alors une expertise scientifique, car "aucune recherche approfondie n'avait été lancée sur ce sujet".

Que faisait l'AFSSAPS à l'époque ? Les effets secondaires des médicaments sont décelés avec de gros retards. La liste de ces effets est rarement exhaustive et peut être remise en cause à tout moment, même des dizaines d'années plus tard. Pour l'instant très peu de victimes du Distrilbène sont dédommagées.

Staltor, Cholstat, Avandia ...

En 2001, le Staltor et le Cholstat, deux médicaments anti-cholestérol de la famille des Cérivastatines, sont brusquement retirées du marché. On avance le chiffre de 52 décès causés et de 1100 personnes présentant de graves atteintes musculaires. Plusieurs mois auparavant, la FDA aux USA et l'AFSSAPS en France ainsi que l'Agence Européenne des Médicaments (EMEA) avaient pourtant été informées des complications graves survenues après la prise de ces deux médicaments.

Le dernier scandale en date, pratiquement occulté par les médias est celui de l'Avendia, nom commercial de la rosiglitazone, un antidiabétique fabriqué par GSK (GlaxoSmithKline), ey utilisé pour le traitement du diabète de type II en association avec un antidiabétique oral lorsque ce dernier ne suffit pas à équilibrer le diabète.

Une étude parue le 21 mai 2007 dans le New England Journal of Medecine, indique que l'Avandia augmente de 45% le risque d'infarctus du myocarde et de mortalité d'origine cardiovasculaire. Il était déjà considéré comme susceptible de provoquer des infections respiratoires, des maux de tête, des troubles hépatiques, de l'anémie, une prise de poids, et même dans certains cas, entraîner des problèmes de vision et de fractures osseuses chez les femmes.

Une autre étude, publiée le 12 septembre 2007, dans le Journal of The American Medical Association (JAMA), portant sur l'analyse de quatre essais cliniques effectués auprès de 14291 patients, confirme que l'Avandia, pris sur des périodes prolongées, accroït le risque cardiovasculaire de 42%. Ce médiament est sans nul doute responsable de plus de 4000 attaques cardiovasculaires et de 9000 défaillances cardiaques annuellement aux Etats-Unis.

Rapport bénéfice/risque défavorable

Trois longues années ont été nécessaires pour que le laboratoire procède au retrait de tous les lots contenant de la rosiglitazone. Cettedécision, confirmée le 27 octobre 2010 par l'Afssps, fait suite aux recommandations de l'Emea, qui a conclu que le rapport bénéfice/risque dela rosiglitazone était défavorable en raison de l'augmentation du risque cardiovasculaire. Toujours selon l'EMEA, l'Avendia ne devrait plus être vendu en Europe d'ici "quelques mois". En attendant, elle a recommandé aux médecins de ne plus le prescrire et de "réfléchir à des traitements alternatifs" avec les patients concernés.

En janvier 2010, l'Afssaps a enfin supprimé le Sibutral, prescrit lui aussi contre l'obésité, car, s'il réduit l'appétit, il génère aussi de nombreux effets secondaires comme les insomnies, des problèmes gastriques, des maux de tête, de la tachycardie ou de l'hypertension artérielle, et même des décès en raison de l'absence d'un suivi cardiovasculaire. Ces effets indésirables sont connus depuis longtemps, parfois dès la mise sur le marché, ou prévisibles à cause de la parenté chimique avec d'autres médicaments aux effets indésirables avérés. A noter que l'Italie a retiré le Sibutral de ses pharmacies il y a HUIT ANS !

Vioxx, un tueur primé

Ces scandales n'ont pas mobilisé les médias, à part peut-être celui du Vioxx. Cet anti-inflammatoire utilisé dans le traitement de l'ostéoarthrite, des états douloureux aigus et de la dysménorrhé (règles douloureuses) est élu en 2003 "Médicament de l'année" par le Congrès de la Médecine générale (MEDEC). Ainsi, 6000 généralistes récompensent le médicament le plus "performant" de l'année. Ce produit est tellement parfait que moins d'un an plus tard, lorsqu'il est utilisé par environ deux millions de patients dans le monde, il est retiré du marché au motif qu'il est responsable d'environ 28 000 attaques cardiaques et décès depuis sa mise en vente en 1999.

En janvier 2005, suite à une recherche menée par la Kaiser Permanente, organisme d'assurance-maladie californien, David Graham, épidémiologiste à la FDA révèle dans The Lancet, revue scientifique médicale britanique, que le nombre d'accidents cardiaques, attaques ou décès (30 à 40%), pourrait s'élever à près de 140 000, rien que dans son pays. Les résultats d'un procès en 2000 prouvent que la collusion de la plus ancienne entreprise pharmaceutique du monde, Merck, et de la FDA, qui connaissait l'existence des attaques cardiaques, alors que le laboratoire poursuivait la publicité pour son produit le soir à la télévision.

Risque faible

En France, à l'époque, l'Afssaps déclare : "Le risque de complication cardiovasculaire reste "faible" et n'apparait qu'à long terme". En France donc les accidents sont rares et le Vioxx a perdu sa toxicité en passant les frontières. Combien faut-il de morts pour passer la "faible" barrière ? Sur le long terme l'Afssaps se veut rassurante, mais elle n'ignore pas que ce type de médicament est souvent prescrit dans des pathologies chroniques qui durent parfois plusieurs années.

L'information n'a pas été diffusée plus tôt, et pour cause.... En 2003 le Vioxx a généré a lui seul une chiffre d'affaires de 2.55 milliards de dollars, soit 11% du CA de Merck. Or, ce laboratoire est toujours considéré comme un partnaire fiable par les instances mondiales de santé. Non seulement ces dernières lui achètent le Gardasil - vaccin pour la "prévention" du cancer du col de l'utérus, le Gardasil est commercialisé par SANOFI-PASTEUR MSD et fabriqué par Merck-, mais se fient à ses déclarations d'efficacité et d"innocuité pour vacciner en masse les petites filles de 12 à 14 ans. Alors que ce produit n'a encore donné aucune preuve d'efficacité et est vivement critiqué dans tous les pays européens qui ont demandé des moratoires sur ce produit.

Tous ces scandales n'ont pas encore servi de leçon à nos décideurs. La majorité, à part les familles des victimes, les a effacés de sa mémoire. Nos responsables actuels n'étaient pas en poste à l'époque... Qui est coupable ?

La France, cancre de l'Europe

En 2006, le Sénat a publié un rapport véhément sur les conditions de mise sur le marché et du suivi des médicaments qui place la France aux derniers rangs de l'Union européenne. Ce rapport fustige le problème de l'indémendance de la Haute Autorité de santé qui chapeaute l'Afssaps.

Les consommateurs sont rarement avertis de ce qui se trame dans les coulisses des pouvoirs. Contrairement aux idées reçues, ils ne sont ni informés, ni protégés. C'est pourquoi, devant l'incurie actuelle, les malades cherchent à en savoir d'avantage et se soignent souvent par leurs propres moyens. Et même si les laboratoires persistent à affirmer la prévalence du bénéfice par rapport aux risques des médicaments, le gain est toujours pour cette industrie et le danger pour le patient.

Vaccinés contre le mensonge ?

L'an dernier, le virus de la grippe A, présenté comme un "tueur en série", et le scandale financier autour du vaccin ont permis à une grande majorité de citoyens de prendre conscience de l'impact du commerce et de l'argent sur leur santé.

La télévision et les grands médias se sont alors faits les complices des laboratoires. Aujourd'hui ils pratiquent le lynchage systématique de ceux qu'ils portaient aux nues l'an dernier.

La santé publique est-elle embarquée sur un bateau qui prend l'eau de toutes parts ? Alors que nombre de "consommateurs de santé", à l'instar des passagers du TITANIC, persistent à n'écouter que le son des violons qui cache la tempête. Ce naufrage signera-t-il la fin de la médecine exclusivement chimique qui se contente de chacher les symptômes sans guérir les maladies ?

Article signée de la plume de Sylvie SIMON et paru dans la revue NEXUS 73 de mars-avril 2011.

 

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