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Le blog de l'information alternative et de la santé naturelle

Bio or not Bio ?

22 Septembre 2014 , Rédigé par motarcs Publié dans #Environnement, #pollutions, #climat

Faut-il ne manger que bio..... et tous les aliments bio se valent-ils ???

Devant la "ruée" de l'industrie agro-alimentaire qui s'engouffre de plus en plus vite dans la "niche" de l'agriculture dite biologique, il est bon de se poser quelques questions incontournables.

En France, depuis une vingtaine d'années la demande en produits "bio" n'a cessé d'augmenter, au point que la production nationale ne suffit plus à satisfaire nos besoins.

Pourquoi les agriculteurs français préfèrent-ils continuer à utiliser à tours de bras pesticides et fongicides ? Tout simplement parce que les aides publiques à l'agriculture bio sont insuffisantes. De plus, le crédit d'impôt de 400 euros institué par le Grenelle de l'environnement a été réduit de moitié. En même temps, les aides attribuées au développement des agrocarburants (issus de l'agriculture "conventionnelle) ont été portées à 196 millions d'Euros !

Résultat : nous sommes obligés d'importer nos produits bio sur le marché français : tomates et fraises d'Espagne et du Maroc, pommes de terre d'Egypte, poires d'Argentine, carottes d'Israël, haricots du Kenya, etc. etc.... .

Près de 50% de la vente de produits bio se fait par le canal de la grande distribution et des grandes coopératives agricoles. Pas étonnant donc que la bio chère aux Leclerc, Auchan, Terrana et autres hyper-marchés ont pris pour modèle l'agriculture intensive et productiviste pour tenter de s'accaparer de ce marché de plus en plus juteux....

Lors de la fondation de l'IFOAM (Fédération Internationale des mouvements d'Agriculture biologique), la charte qu'elle s'était fixée devait aussi favoriser la solidarité et la coopération entre tous les membres de la filière, afin de ne pas favoriser le pillage des pays pauvres auquel nous assistons aujourd'hui.

Les exploitations restaient à échelle humaine et de proximité. Critères qui ne sont plus toujours respectés.

Prenons le cas de l'Espagne. Plus précisément de la plaine de HUELVA en Andalousie où l'on trouve une monoculture de fraises sous serres, saturées de pesticides et d'engrais chimiques, et cultivées non pas en plaine terre.. mais sur des "pains" de laine de roche..... Ce qui évite d'avoir à se soucier de "mauvaises" herbes....

La société BIONEST, leader européen de la production de fraises bio se trouve là. Plus précisément dans le parc Doñana, patrimoine de l'humanité par l'Unesco. Depuis des années les écologistes andalous dénoncent l'épuisement des nappes phréatiques par les forages et l'installation illégale de ces serres.

Les pratiques agricoles de la société BIONEST sont les mêmes que celles des "voisins" non bio, seuls les intrants sont certifiés "bio". Les fraises, produites en hiver et au printemps (hors saison...) sont exportées dans toute l'Europe, jusqu'au Canada et les USA, par camions et avions...

Pour pouvoir pratiquer des prix "concurrentiels", la société BIONEST embauche des femmes d'Europe centrale et d'Afrique, voire d'Indonésie recrutées dans leurs pays avec des contrats saisonniers d'origine qui les mettent à la merci de leur employeur : "parquées" dans des "logements" au milieu des serres, leurs passeports sont confisqués, les heures supplémentaires ne sont pas payées, sans compter des retenues injustifiées sur leur maigre salaire.

L'entrée du site est interdit à la presse et aux visiteurs trop curieux...

Près de NIJAR, toujours en Espagne,  120 hectares de serres de BIO SOL produisent des denrées bio toute l'année. Les travailleuses marocaines qui ont porté à la connaissance du public leurs conditions de travail (jusqu'à 15 heures de travail/jour, salaire mensuel de 1000 euros dont 300 déclarés, sont licenciées et remplacées par des femmes des pays de l'Est.

Si elles perdent leur visa elles devront retourner au Maroc, où elles pourront peut-être retrouver du travail dans la mer de plastique de la région d'Agadir, ou l'on produit les mêmes fruits et légumes qu'en Andalousie.

Si l'Espagne représente actuellement une extrême d'absurdité agricole, que ce soit en bio ou non, (il faut du moins espérer qu'il n'y ait pas pire ...ce qui est très loin d'être certain), il faut aussi se rappeler que les produits bio qui contiennent dans leurs ingrédients des éléments provenant de Chine sont eux aussi très largement sujets à caution.

Comme l’a déjà signalé le site Natural News, la nourriture en provenance de Chine s’avère contenir fréquemment des niveaux alarmants de métaux lourds (arsenic, cadmium, plomb, mercure) et d’autres contaminants. La Chine est une dictature communiste, où la liberté d’expression est totalement interdite. Les réglementations environnementales ne sont pratiquement jamais appliquées.

Selon Patty Lovera, directrice adjointe de Food & Water Watch à Washington, les nouvelles concernant la nourriture falsifiée provenant de Chine forment un flux régulier de controverses - de la falsification avec de faux ingrédients tels que la mélamine dans les produits laitiers, à des propagations importantes de maladies animales comme la grippe aviaire, en passant par des niveaux élevés de résidus de pesticides

Par exemple, on parlait récemment dans les nouvelles, de la campagne du gouvernement chinois visant à rompre une chaîne d’opérations de viande falsifiée. Elle a abouti à l’arrestation de plus de 900 personnes accusées d’avoir fait passer la viande de rat pour du mouton pour un montant dépassant un million de dollars (739.536 euros).

Il n'y a donc pas qu'en France que l'on vend du cheval pour du boeuf. Il ne faut surtout pas avoir la faiblesse de croire que le "Made in France" ou en Europe (CE) soit plus "sain" que le reste ... Les fraudes y sont tout aussi fréquentes, car les moyens des supposés contrôleurs sont notoirement insuffisants.

Le conseil le plus avisé que l'on puisse donner aujourd'hui, en 2014, est de ne pas croire aveuglément ce que les médias officiels affirment (trop haut et trop fort), sans réfléchir le plus lucidement possible.

TOUS les circuits de grande distribution recherchent d'abord et avant tout le profit. Comme sur un marché de plus ou moins libre concurrence le prix de vente ne peut pas être augmenté au-delà de celui de la concurrence, la seule ressource pour augmenter ses marges est de "rogner" sur les prix d'achat.... avec toutes les conséquences facilement immaginables sur la qualité finale du produit ....

Une méta-analyse parue en 2009 et publiée par la Food Standards Agency affirmait qu'il n'existait pas de différence notable entre les deux grands modes d'agriculture (bio et chimique). Une nouvelle analyse regroupant 343 études parue dans diverses revues scientifiques vient totalement contredire celle parue en 2009 :

Une teneur en antioxydants supérieure de 18 à 69% à celle observée dans les produits issus de l'agriculture non biologique, une concentration en cadmium, mercure et plomb près de 50% inférieure, une teneur en azote, nitrates et nitrites respectivement plus faible de 10, 30 et 87% et la présence de pesticides quatre fois moins élevée.

Selon les auteurs de cette nouvelle analyse, des outils statistiques plus performants, capables d'agréger plus de données, ont permis d'arriver à cette conclusion..... Est-ce vraiment la seule raison ??? (M. Baranski, D. Srednicka-Tober et coll. 2014)

Produits bio et pollutions aux métaux lourds :

Le 30 décembre 2013, un vice-ministre des terres et des ressources , Wang Shiyuan , a déclaré lors d’une conférence de presse à Pékin que 32 000 km2 de terres agricoles, étaient tellement polluées que toute agriculture devait dorénavant y être interdite. C’est comme si 18% des terres arables françaises devaient cesser d’être utilisées pour l’agriculture ou l’élevage. Déjà en mai 2013, des fonctionnaires de la province du Guangdong, au sud du pays, ont avoué avoir découvert des niveaux excessifs de cadmium, un métal lourd,  dans les 155 lots de riz prélevés sur des marchés, des restaurants et des magasins :  89 de ces lots contaminés provenaient de la région fortement industrialisée du Hunan, qui produit 16% du riz chinois, 17 millions de tonnes (Riz contaminé/FDA voir article Docbuzz). Dans cette région du Hunan, les champs sont bordés par les usines et irrigués avec l’eau contaminée par les déchets industriels . Les niveaux de métaux lourds toxiques dans les eaux usées sont parmi les plus élevés de Chine. Les habitants craignent que le sol soit autant contaminé et soupçonnent que de nombreux décès par cancer soient en fait liés à la pollution.L’inquiètude a dorénavant atteint les sphères dirigeantes. Des mesures de pollution du sol sont bien effectuées mais aucun résultat n’est publié, comme cela se passait auparavant avec la pollution atmosphérique. Il y a quelques semaines, la presse rapportait que les leaders communistes avaient leur propres fournisseurs de produits agricoles, une ferme biologique, éloignée de ces contrées polluées.

Au mois de juin 2013, China Daily,  un journal officiel chinois de langue anglaise, publiait un éditorial dans lequel on pouvait lire que ” La contamination des sols par les métaux lourds érode les fondations de la sécurité alimentaire du pays et représente un danger imminent pour la santé publique “. Un autre document publié  par le Ministère de la Protection de l’Environnement intitulé  “Pollution des sols et santé humaine» estimait que dorénavant près de 200 millions de kilomètres carrés, soit un sixième des terres arables chinoises étaient polluées, mais aussi que 13 millions de tonnes de récoltes étaient contaminées par les métaux lourds et que 84 millions de kilomètres carrés de terres étaient affectées par les pesticides.

Cette région du Hunan par exemple, devenue l’un des plus gros producteurs des métaux non ferreux,  est aussi, par voie de conséquence,  le premier pollueur en cadmium, chrome, plomb, et arsenic selon les données recueillies en 2011 par un groupe de recherche basé à Pékin. Cette année, la province est responsable de 41 pour cent de toute la pollution nationale au cadmium. Rejetés par les usines, le cadmium contamine les eaux usées, les eaux d’irrigation, les champs, les récoltes, l’ensemble de l’écosystème, avant de toucher l’homme. C’est un toxique puissant pour l’homme. Il s’accumule dans les os, provoquant ostéoporose et ostéomalacie, il est responsable d’anémie, d’insuffisance rénale et de cancers. En chine, le riz est extrêmement touché mais aussi les animaux nourris avec l’enveloppe du riz, extraite au cours du blanchiment. La viande des animaux est donc contaminée au cadmium.

De plus en plus, les agences de presse chinoises font état de villages où les taux de cancer s’élèvent. En Juillet, le centre chinois du contrôle des maladies et de la pollution a publié les résultats d’une étude qui établit un lien direct entre la pollution de la rivière Huai, qui traverse plusieurs provinces de la Chine centrale, et des taux élevés de cancer chez les personnes vivant sur les bords de la rivière.

Mais que faire? Les usines ne fermeront pas, les agriculteurs ne partiront pas. Certains s’enrichissent, d’autres meurent d’un cancer. Les exportations chinoises continuent de croitre et à travers elles la contamination de l’écosystème et de l’homme aux métaux lourds. De nombreuses alertes à des aliments chinois contaminés ont déjà touchés les Etats-Unis. Les autres produits manufacturés ne sont pas épargnés : les produits cosmétiques utilisés à travers le monde, presque tous fabriqués en Chine comme les rouges à lèvres, contiennent déjà tous de forts taux de cadmium, d’arsenic ou de plomb. Les femmes du monde entier les utilisent.

On voit ici que, quoique l'on fasse, la panacée universelle n'existe pas. Plutôt que de se faire de douces illusions en pensant par exemple que les contrôles officiels sont suffisants pour éviter toutes les fraudes possibles, que le bio est "parfait", ou que l'agriculture chimique n'est pas néfaste à l'être vivant, il faut plus que jamais faire travailler ses neurones, ce qui non seulement est excellent pour maintenir Alzheimer à distance de notre cerveau, mais permettra du même coup de limiter les sources d'empoisonnement dont notre environnement actuel nous gratifie si généreusement avec la complicité on ne peut plus active des lobbyes industriels et politiques (qui sont le plus souvent les mêmes, sinon au moins leurs "copains")

Sans tomber dans la paranoïa (ni l'orthorexie, "maladie" inventée pour désigner ceux qui se rendent malades à force de faire attention à ce qu'ils ingèrent de peur de s'empoisnonner), il ne faut pas confondre son tube digestif avec un égoût capable "d'évacuer" n'importe quoi ...: lire les étiquettes des produits que l'on achète relève du plus élémentaire bon sens. Faire ses courses (quel beau mot !) en achetant au pas de course justement des emballages colorés et attirants qui cachent des monstruosités pour nos organismes relève aujourd'hui plus que jamais de la plus parfaite inconscience. Et le mode de vie imposé par notre société fait que l'on croit avoir de moins en moins de temps (et de moyens) pour éviter de se faire piéger. Plus on nous trouve des occupations, loisirs, activités de toutes sortes pour occuper avec des futilités nos esprits, et moins il restera de place pour réfléchir sainement....

L'ignorance des populations a de tous temps été l'arme majeure et absolue de tous les gouvernants pour contrôler leurs semblables. Le glaive et le goupillon il y a encore un peu plus d'une soixantaine d'années, bien qu'aujourd'hui le goupillon a de moins en moins d'autortié, mais a été remplacé efficacement par les mandarins des systèmes qui s'autoproclament de "santé" et officient dans tous les pays dits développés, avec l'absolution des politiques qui les nomment et les mettent en place....

 

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