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Le blog de l'information alternative et de la santé naturelle

DES RÉSIDUS PHARMACEUTIQUES DANS LES EAUX DE L'EUROPE

10 Novembre 2010 , Rédigé par motarcs Publié dans #Environnement, pollutions, climat

 Alors qu'ils étudiaient les effets de la contamination par pesticide de l'eau d'un lac, des chimistes d'un laboratoire de recherche agricole suisse ont découvert un polluant inattendu: de l'acide clofibrique, médicament qui fait baisser le cholestérol. On ne fabrique pas d'acide clofibrique en Suisse, donc on a exclu la cause d'un déversement industriel accidentel. Les chimistes ont vérifié d'autres masses d'eau, y compris des lacs de montagne ruraux et des cours qui traversent des villes, et ont partout trouvé de très faibles concentrations du médicament.

 

Les chercheurs de Berlin ont aussi trouvé de l'acide clofibrique dans les eaux locales : "On trouve dans la nappe phréatique des concentrations allant jusqu'à 4 mg par litre, ou 4 parties par milliard (ppb2) ... On en a aussi trouvé dans toute l'eau du robinet qu'ils ont prélevée à Berlin - à un taux de 0,2 ppb." Une fois qu'ils eurent commencé leur examen, les chercheurs européens ont trouvé dans les masses d'eau qui alimentent la ville en eau potable des médicaments réducteurs de graisses, des analgésiques (dont l'ibuprofène et le diclofénac), des bêtabloquants, des médicaments utilisés en chimiothérapie, des antibiotiques et des hormones. On a trouvé des concentrations plus fortes dans des zones plus peuplées. Ayant exclu le déversement industriel accidentel, les chercheurs se sont rendus compte que les médicaments étaient issus de déchets du corps humain. La quantité de médicament qui est décomposée par le corps varie en fonction du médicament et de l'individu. 50% à 90% d'un médicament, sous sa forme initiale, peuvent être rejetés du corps. Parfois, les réactions chimiques avec l'environnement transforment des médicaments en partie dégradés en médicaments de nouveau actifs. Personne ne connaît les concentrations dans les eaux des États-Unis, parce que personne ne le regarde.

 

L'Office de contrôle pharmaceutique et alimentaire n'exige pas que les ressources d'eau soient contrôlées pour voir si les concentrations pharmaceutiques correspondent aux estimations des fabricants.

Stuart Levy, qui dirige le Centre pour l'Adaptation de la génétique et la résistance aux médicaments à

l'Université de Tufts (Boston, Massachusetts), a dit que des antibiotiques à une concentration infime peuvent affecter l'Escherichia coli et d'autres bactéries.

Pendant ce temps, les chercheurs suisses ont trouvé 0,5 microgrammes par litre de l'antibiotique fluoroquinolone dans une station de traitement des eaux usées - taux 1000 fois plus élevé que le chiffre très faible auquel Levy fait référence.

 

(Source : extrait de "Drugged Waters"

("Eaux contaminées") de Janet Raloff, publié

dans Townsend Letter for Doctors &

Patients, n°192, juillet 1999)

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Incité par des recherches menées en Europe, le Comité d’Étude Géologique des États-Unis (USGC) a réalisé sa propre étude en 1999-2000 sur la présence fréquente de médicaments, d’hormones et d’autres polluants organiques issus des eaux usées dans les réserves d’eau et a récemment publié ses résultats.


A l’aide dc nouvelles méthodes d’analyse capables de détecter un total de 95 polluants organiques, I’USGC a examiné des échantillons sur un réseau de 139 ruisseaux répartis dans 30 états. Il a focalisé son attention sur les cours d’eau présentant un risque de contamination, comme par exemple ceux situés en aval des zones d’élevage intensif, des zones industrielles et des zones d’urbanisation.


Dans 80 pour cent des échantillons, l’USGC a découvert des polluants organiques d’origines et d’usages agricoles, industriels et domestiques, détectant 82 des 95 polluants détectables. La moyenne était de sept polluants dans chaque échantillon et un échantillon réunissait pas moins de 38 polluants. L.es composants les plus fréquemment détectés ont été le coprostanol (stéroïde fécal), le cholestérol (stéroïde végétal et animal), le N-diéthyltoluamide (insectifuge, la caféine (stimulant), le triclosan (désinfectant antimicrohicn), le tri(2-chloréthyl )-phosphatc (ignifuge) et 4-nonylphénol (métabolite de détergent non ionique). 4% pour cent des ruisseaux contenaient des résidus d’antibiotiques — 14 des 22 antibiotiques à usage humain et animal détectables.

 

Parmi les autres composants trouvés, figuraient des analgésiques, des antiasthmatiques. des antidépresseurs, de la codéine, de la cotinine (dérivé de la nicotine), du dichlorobenzène, des insecticides comme le carbaryl, le chlorpyrifos et le dieldren, plusieurs plastifiants dc phtalates et une foule d’hormones de synthèse et de composants imitant les hormones. Les taux mesurés dépassaient rarement les recommandations sanitaires en matière d’eau potable ou les critères concernant la vie aquatique mais bon nombre de polluants ne possèdent pas de directives établies et les usines de traitement des eaux usées ne sont pas conçues pour les éliminer.

 

Ces découvertes sont aussi dérangeantes au vu des nouvelles études montrant que la numération moyenne des spermatozoïdes chez les hommes des pays industrialisés avait diminué au cours des 50 dernières années, passant d’environ 160 millions par millilitre de sperme à 66 millions.


Au Royaume-Uni, le Conseil pour la Recherche Médicale rapporte que la fécondité des Écossais nés depuis 1970 est inférieure de 25 pour cent à celle de ceux nés dans les années 1950, avec une numération des spermatozoïdes qui continue à diminuer de deux pour cent par an.


Les produits chimiques déréglant les hormones — y compris les résidus de contraceptifs, les pesticides, les PCB et les phtalates — sont de plus en plus considérés comme responsables des problèmes de fécondité et de la féminisation des poissons mâles des rivières britanniques. Un tiers de l’eau potable britannique provient des rivières et la majeure partie provient des usines de traitement des eaux usées.
(Source: U.SGC, hnp,’//ioxics. u.%gc.goh/: E,wirr’nmentai Science &
ichnologv, ii nwrs 2002, http://pubs.acs.org indep’ndenr,
Londre’s, 17 mars 2002)

 


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