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Géopolitique : bras de fer monétaire Chine - Etats-Unis

1 Novembre 2010 , Rédigé par motarcs Publié dans #Géopolitique, économie, manipulations

Les Etats Unis reculent dans leur dispute monétaire avec la Chine

dimanche 24 octobre 2010,

L’administration Obama a reculé le 15 octobre dans sa dispute avec Beijing sur la valeur de la monnaie chinoise, confrontation qui aurait pu causer de nouvelles frictions entre la seule super puissance mondiale et son plus grand créancier.

Le Département américain du Trésor a en effet reporté une décision très attendue, qui visait à décider si la Chine devait être qualifiée de manipulatrice de devise ou non, après les élections au Congrès du 2 novembre prochain et le sommet des dirigeants du G20 en Corée du Sud le 11 novembre suivant.

Washington et l’Union Européenne accusent la Chine, qui est sur le point de devenir la deuxième plus grande économie du monde après les Etats-Unis cette année, de maintenir le Yuan artificiellement bas pour stimuler ses exportations, portant ainsi atteinte aux emplois et à la compétitivité des économies occidentales.

Les craintes se font plus grandes qu’une « guerre de la monnaie » éclate, que des grandes puissances commerciales comme les Etats-Unis ou le Japon tentent d’affaiblir leurs monnaies tandis que des économies émergentes comme le Brésil ou la Corée du Sud montent en puissance, ou menacent d’établir des contrôles plus stricts pour limiter les flux de capitaux.

La décision de retarder le rapport semestriel du Trésor sur les monnaies reflète un désir de l’administration Obama de continuer à utiliser la voie diplomatique pour résoudre la dispute avec la Chine plutôt que provoquer une confrontation qui pourrait avoir comme conséquence possible une guerre commerciale et affecter les taux d’intérêt sur le long terme.

En juillet dernier, la Chine détenait 847 milliards de Dollars US en dettes du Gouvernement américain.

Dans son communiqué, le Trésor semblait encouragé par la récente décision chinoise de permettre à sa monnaie d’augmenter d’environ 3% par rapport au Dollars depuis le 19 juin dernier.

« Depuis le 2 septembre 2010, le rythme de réévaluation s’est accéléré à un taux de plus de 1% par mois », dit-il. « Si cette tendance se maintient dans le temps, cela contribuera à corriger ce que le Fonds Monétaire International a conclu comme étant une monnaie significativement sous-évaluée ».

Mais la Chine soutient que faire des réformes monétaires trop rapidement pourrait dévaster son économie tournée vers les exportations.

Elle reproche aux Etats-Unis une croissance molle, une forte dette et une politique monétaire laxiste qui a inondé le marché avec des Dollars fraîchement imprimés, affaiblissant ainsi la monnaie américaine et mettant la pression sur les pays émergents pour qu’ils maintiennent leur monnaie à un bas niveau.

De son côté, Washington soutient que Beijing pourrait alléger cette pression en laissant le Yuan se renforcer.

« Le Yuan ne doit pas être un bouc-émissaire »

Le Trésor américain a dit que la réunion du G20 à Séoul donnerait aux dirigeants du monde une occasion de réfléchir à la meilleure façon de rééquilibrer l’économie mondiale. Cela n’est pas de la seule responsabilité de la Chine et des Etats-Unis, a t-il souligné.

Lors d’un autre sommet important, les dirigeants du forum de Coopération Economique Asie-Pacifique se rencontreront les 13 et 14 novembre prochains.

« Le Trésor retardera la publication de son rapport sur les politiques internationales économiques et de taux de change dans le but de profiter de l’occasion offerte par ces importantes rencontres », a-t-il dit.

De son côté, la Chine a laissé peu de doutes sur la rancœur qui serait la sienne si jamais elle était étiquetée comme manipulatrice de monnaie, une initiative largement symbolique des Etats-Unis qui aurait pour conséquence immédiate davantage de consultations avec Beijing mais aucune sanction immédiate.

« Le Yuan chinois ne doit pas servir de bouc-émissaire aux problèmes économiques intérieurs des Etats-Unis », a dit vendredi dernier le porte-parole du Ministère du Commerce Yao Jian.

Cette décision de retarder le rapport du Trésor semble avoir été prise à la dernière minute. Certaines sources proches ont laissé entendre que cela remonte au 15 octobre à 17h GMT.

L’administration Obama, semblant anticiper les critiques des législateurs américains qui insistent pour que des mesures plus fortes soient prises contre la Chine, a publié un communiqué annonçant une enquête pour savoir si le soutien de la Chine à son secteur de l’énergie propre viole ou non les règles du commerce international.

Mais cela n’a pas suffi à calmer le Sénateur Démocrate Charles Schumer, qui s’est fait l’avocat d’une législation plus dure envers la Chine sur ses pratiques monétaires.

« L’administration Obama traite les symptômes, pas la maladie », a-t-il dit. « Une enquête sur les subventions illégales de la Chine à son industrie des énergies propres aurait déjà dû être faite, mais cela ne doit pas empêcher non plus de traiter le sujet de la manipulation de monnaie par la Chine ».

Le Congrès songe à imposer de nouveaux droits sur les produits chinois

La décision du trésor pourrait accentuer la pression sur le Sénat pour qu’il approuve une loi votée par la Maison des Représentants permettant aux Etats-Unis d’imposer des droits sur les importations en provenance de pays dont la monnaie est fondamentalement sous-évaluée.

« Démocrates comme Républicains au Congrès sont prêts à orienter la législation pour réagir à la manipulation de monnaie par la Chine dès cette année », a dit le Sénateur Schumer. « Nous espérons avoir le soutien de l’administration, mais à défaut, nous avancerons de nous-mêmes sans elle si nécessaire ».

Des spéculations ont vu le jour, selon lesquelles le Président Obama pourrait être tenté de qualifier la Chine de manipulatrice de monnaie pour la première fois en seize ans afin de paraître plus dur avant les élections dans lesquelles ses Démocrates risquent de laisser des plumes du fait du mécontentement généré par sa façon de gérer l’économie.

Mais certains craignent aussi que cela ne mette la Chine en colère, alors que son soutien est nécessaire dans des problèmes comme le rééquilibrage de l’économie mondiale, le changement climatique et les programmes nucléaires de l’Iran et de la Corée du Nord.

Dans un article publié le 15 octobre dernier, le Gouverneur de la Banque Centrale de Chine Zhou Xiaochuan s’est engagé à poursuivre la réforme du Yuan, mais seulement d’une façon progressive et décidée par Beijing.

« Le taux de change sera basiquement stable, à un niveau raisonnable et équilibré », avait-il écrit dans China Finance, un magazine publié par la Banque Centrale.

Le Département du Trésor est obligé par la loi de publier tous les six mois un rapport sur le fait de savoir si tel ou tel pays manipule sa monnaie pour obtenir un avantage commercial déloyal.

Mais la dernière fois qu’une administration –qu’elle soit Démocrate ou républicaine- a cité un pays sur le fondement de la loi sur la monnaie remonte à juillet 1994, et c’était déjà la Chine qui s’était retrouvée sur la sellette.

Source : le Quotidien du Peuple en ligne

le 31 octobre 2010 10:43

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