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Le blog de l'information alternative et de la santé naturelle

JAPON - A propos de la responsabilité de TEPCO

19 Mars 2011 , Rédigé par motarcs Publié dans #Environnement, pollutions, climat

Le Japon possède 55 réacteurs sur 17 centrales nucléaires. Sa prévision de construction est de 11 nouveaux réacteurs d'ici 2018, mais depuis le 11 mars 2011, pas si sûr que cela  soit encore d'actualité pour plus de la moitié d'entre eux.  La TEPCO, est une multinationale d'origine japonaise et le plus grand producteur privé mondial d'électricité. La compagnie exploite principalement des centrales thermiques et 3 centrales nucléaires (17 réacteurs) sur les 17 existantes au Japon. Elle fournit l'alimentation à plus de 28 millions de foyers dans la région de Tokyo et des alentours. D'autre part, elle dispose de centrales hydroélectriques, de parcs éoliens et d'une centrale géothermique. TEPCO produit 17,304 GW d'origine nucléaire sur les 64,487 GW de sa production, dont 0,004 GW représentant les énergies renouvelables. Elle compte 38 227 salariés et techniciens-cadres.

On ne doit pas préjuger, mais les faits du passé sont là: le gouvernement japonais a ordonné à TEPCO en 2003  de fermer tous ses réacteurs nucléaires pour un contrôle de sécurité après la découverte de documents falsifiés.

La responsabilité de la TEPCO pourrait  de nouveau être engagée et  être tenue responsable pour l'enchaînement des évènements qui a fait passer le niveau de 4 de l'accident nucléaire  à 6.

La circulation lente des informations (parfois contradictoires) et la gestion des risques (parfois hasardeuse et insuffisante en termes de moyens) montrent bien que la TEPCO n'est pas sans soulever des questions sur sa responsabilité directe, notamment pour le réacteur N°4.

Oui il y a eu trois séismes (le premier le 9 mars M 7,2, le second le 11 mars  M8,9 et le 3eme depuis le 15 mars, ce dernier étant d'une magnitude de 6,4 (M 6,4) à 120 km au sud de Tokyo) , oui il y a un tsunami, mais la TEPCO a mal évalué le risque imminent depuis le 13 mars.  

Le pire est venu d'un réacteur à l'arrêt pour maintenance depuis novembre 2010. 

 Le N°4 dans lequel une explosion est survenue, d'origine inconnue.

Ironie du sort, ce fut aussi le réacteur N° 4 pour Tchernobyl. Ce N° 4 contenait dans "sa piscine" un stock de produits hautement dangereux mis à découvert par l'explosion et malgré l'incendie éteint, des émissions radioactives inquiétantes ont amené dans l'urgence du risque à envisager l'évacuation des lieux (750 personnes sur les 800 présentes) et à "bombarder" d'eau par hélicoptère le réacteur N°4. 

Nous sommes passés au niveau 6 sur l'échelle INES, selon la très juste analyse de l'ASN (Agence de Sûreté Nucléaire) , suite à la conférence de presse donnée hier à 11H30 à Paris (le Point.fr) Si le risque nucléaire reste limité à l'archipel, les prochaines heures (jusqu'au jeudi 17 Mars à 22H00 (Japon) seront déterminantes pour savoir si nous restons au niveau 6 ou si hélas le niveau ultime sera atteint.

http://www.lemessajer.com/blog,de-la-responsabilite-de-tepco,991528004.html

L'AIEA avait averti le Japon (WikiLeaks)

AFP
17/03/2011 | Mise à jour : 06:29 

L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a averti le Japon il y a deux ans qu'un séisme important pouvait poser "un problème sérieux" à ses centrales nucléaires, selon des câbles américains obtenus par le site WikiLeaks et auxquels le quotidien britannique Telegraph a eu accès.
Un câble diplomatique américain révèle qu'un expert de l'AEIA s'était inquiété de ce que les réacteurs japonais n'étaient conçus que pour résister à des séismes d'une magnitude de 7 degrés.
Selon ce document, le responsable de l'AIEA avait indiqué lors d'une réunion du Groupe sur la sûreté et la sécurité nucléaires du G8 à Tokyo, en 2008, que les critères de sécurité du Japon étaient obsolètes. "Il a expliqué que les normes concernant la sécurité nucléaire n'avaient été révisées que trois fois en 35 ans et que l'AIEA les réexamine maintenant", indiquait le câble à l'époque".
"Le responsable a également noté que des séismes récents avaient dans certains cas été au delà des limites prévues pour certaines centrales nucléaires et qu'il s'agit d'un problème sérieux qui est maintenant en train de conditionner les travaux de sécurité sismique", ajoutait le document. 
Le gouvernement a répondu en construisant un centre de réponses aux urgences sur le site de Fukushima, mais la centrale était toujours conçue pour ne résister qu'à des séismes de magnitude 7.

http://81.27.130.64/Facet/print/Uuid/6ca1c026-5015-11e0-93ec-7b0ac0b11c86/Ceux_qui_nont_pas_voulu_voir_le_danger

NUCLÉAIRE Jeudi17 mars 2011

Ceux qui n’ont pas voulu voir le danger

PAR JEAN-CLAUDE PÉCLET

De General Electric à Areva, plusieurs sociétés sont sur la sellette

La responsabilité de l’opérateur Tepco, quatrième producteur mondial d’électricité, est prépondérante dans la sécurité de ses centrales : ainsi le veut la loi japonaise. La démission de son directeur en 2002 et la fermeture temporaire de 17 réacteurs, après l’aveu que la compagnie avait menti 200 fois depuis 1997 à propos de différentes avaries, n’a pas arrangé sa réputation. Son retard à communiquer une explosion suite au tsunami a provoqué un coup de gueule inhabituel du premier ministre japonais Naoto Kan.

Depuis le tsunami et la suite d’accidents affectant les six réacteurs de Fukushima, les experts et les organisations antinucléaires mettent en cause d’autres acteurs.

General Electric: la société américaine a dessiné les réacteurs à eau bouillante, dits «Mark 1», équipant Fukushima (mis en service entre 1971 et 1979) et en a livré trois. Leur atout, selon GE: ils étaient bon marché et simples à construire. Mais dès les années 70, écrit le New York Times, des experts dénonçaient les gros risques des «Mark 1» en cas de défaillance du système de refroidissement. Stephen Hanauer, membre de la Commission atomique américaine, demandait en 1972 l’interruption de cette filière générant des risques de sécurité inacceptables. Il envisageait le scénario qui s’est précisément produit à Fukushima: panne des circuits de refroidissement, surchauffe, formation d’hydrogène, pression excessive, explosion.

Un scénario ignoré

En 1972 toujours, Joseph Hendrie, futur directeur de la Commission américaine de régulation nucléaire, était tenté de bannir cette technologie, mais elle avait été si largement adoptée que «renverser cette politique, particulièrement maintenant, pourrait signifier la fin de l’énergie nucléaire», ajoutait-il. Au milieu des années 80, Harold Denton, membre de la même commission, affirmait que les réacteurs de type «Mark 1» avaient 90% de chances d’exploser si les éléments combustibles surchauffaient et fondaient dans un accident.

Michael Tetuan, porte-parole de General Electric cité par le New York Times, défend les réacteurs «Mark 1», qui affichent «une expérience prouvée de fiabilité et de sécurité sur 40 ans». Trente-deux installations de ce type fonctionnent dans le monde. Le prix de l’action GE a baissé de 7% environ en deux jours.

Areva: le groupe français livre à Fukushima du combustible retraité dit mox, mélange d’uranium et de plutonium fabriqué à Marcoule (Gard). Le réacteur 3 de la centrale contiendrait 30% de mox. Selon Greenpeace, qui le dénonce depuis dix ans, ce mélange est plus dangereux que le combustible classique, d’une part parce que sa température de fusion est plus basse, d’autre part parce que le plutonium est un élément extrêmement toxique dont la diffusion dans l’atmosphère peut entraîner d’énormes risques pour la santé.

Les autres responsables

Areva, qui détient 95% de ce marché par sa filiale Melox, nie tout lien entre le mox et l’accident survenu à Fukushima. Un convoi maritime qui devait partir pour le Japon début avril a été suspendu en raison des événements actuels. Selon Areva, une quarantaine de réacteurs dans le monde fonctionnent avec du mox. L’action de la société baisse aussi.

Nuclear and Industrial Safety Agency (NISA): l’inspectorat japonais de la sécurité nucléaire est, après Tepco, le responsable le plus exposé. Même si le tsunami subi par la centrale de Fukushima était exceptionnel, la faiblesse et la fragilité des sources électriques d’appoint étonnent de nombreux experts. «Il est assez clair que les Japonais n’ont pas planifié correctement l’énergie de secours», dit Linda Keen, ex-directrice de la Commission de sécurité nucléaire canadienne citée par le Globe & Mail.

Par ailleurs, depuis le début de la catastrophe, la communication du NISA a été minimaliste, confuse et incompréhensible pour les profanes. Au Japon, les autorités de régulation ont la douteuse réputation d’être très, trop liées aux acteurs économiques qu’elles sont censées contrôler. De sérieuses explications sont à attendre dès que la phase d’urgence sera passée.

L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA): elle est beaucoup critiquée aussi depuis quelques jours. Son pouvoir d’inspection contre la prolifération des matières fissibles est très étendu mais sa supervision de la sécurité dépend du bon vouloir des autorités nationales. A l’évidence, elle a été vite dépassée par la situation, son site internet étant souvent saturé, ses informations vagues. Une vidéo assez pathétique montre son directeur (japonais) Yukiya Amano visitant la centrale de crise, ne comprenant ­visiblement pas grand-chose à ce qu’on lui montre, tant son anglais est approximatif.

« Des réacteurs conçus par le groupe américain General Electric (GE) il y a un demi-siècle, dont les insuffisances connues de longue date étaient censées avoir été corrigées. »

A Fukushima, une technologie courante mais ancienne voire dépassée

NEW YORK — La centrale nucléaire de Fukushima, au bord de la catastrophe, fonctionne avec des réacteurs conçus par le groupe américain General Electric (GE) il y a un demi-siècle, dont les insuffisances connues de longue date étaient censées avoir été corrigées.

L'autorité américaine de régulation du nucléaire, la NRC, avait exigé dès 1980 que les compagnies d'électricité exploitant les centrales à eau bouillante (BWR) de type Mark 1, comme celle de Fukushima, en renforcent les mesures de confinement, selon un porte-parole de GE.

"Nous avons fourni les équipements de renforcement au Japon", a assuré le porte-parole de GE Mike Tetuan, interrogé par l'AFP. "A notre connaissance, toutes les unités chargées du confinement des réacteurs BWR Mark 1 à Fukushima Daiichi se sont occupées de la question et des modifications ont été mises en oeuvre, conformément aux exigences des autorités de régulation japonaises", a-t-il ajouté.

Il n'a pas pu comparer les exigences japonaises avec celles en vigueur par exemple aux Etats-Unis.

Mais selon un expert de l'Union des scientifiques inquiets américains (UCS), Edwin Lyman, ancien président de l'Institut américain de Contrôle nucléaire, les critères de sécurité américains sont en tout état de cause insuffisants.

"Les exigences sont encore assez minimales", a noté M. Lyman mercredi lors d'un point de presse téléphonique. "Je crois qu'on exige juste de pouvoir faire face à une panne de 48 heures, avec le présupposé que la cavalerie viendra à temps pour sauver la centrale". "Nous pensons que toutes ces exigences devront être réexaminées à la lumière de ce que vous voyons à Fukushima", a-t-il ajouté.

Selon le New York Times, les autorités américaines avaient envisagé dans les années 1970 de carrément interdire la technologie Mark 1, avant d'y renoncer de crainte de mettre un coup d'arrêt au nucléaire.

Actuellement, il y a 32 réacteurs de type BWR Mark 1 dans le monde, a précisé M. Tetuan. Depuis lors, GE a produit de nombreux autres types de réacteurs à eau bouillante, Mark 2, Mark 4 Mark 6, etc., avec des dispositifs de confinement chaque fois perfectionnés.

Un autre facteur a été mis en cause dans le désastre de Fukushima: l'utilisation de combustible recyclé MOX, au lieu d'uranium pur.

Chez le spécialiste français du nucléaire Areva, dont la fourniture de MOX à Fukushima a été mise en cause, on s'est défendu que l'utilisation de ce combustible recyclé puisse être jugée responsable de la catastrophe. "Tous les réacteurs de Fukushima ne sont pas au MOX, il n'y en a qu'un, le 3, qui à cet instant est stabilisé", a indiqué à l'AFP une porte-parole d'Areva en Amérique du Nord, Laurence Pernot. Elle a noté plus généralement qu'"il y a 548 assemblages dans ce réacteur, et il y en a (seulement) 32 de MOX".

Un expert de Greenpeace cité mardi par le site internet d'informations owni.fr, Shaun Burnie, qualifiait le MOX de "matière la plus dangereuse de la planète". "Dans la demi-heure qui a suivi le tremblement de terre, toutes les personnes qui connaissent les affaires de Fukushima pouvaient se douter de ce qui allait arriver".

Areva a par ailleurs pu se trouver conforté par l'expert Ed Lyman, qui a noté que les quadruples dispositifs de sécurité de son modèle EPR auraient eu de meilleures chances de résister dans les circonstances de Fukushima. "A notre avis l'EPR, dont je ne veux pas me faire l'avocat parce qu'il y a d'autres questions, a été conçu à des normes (de sécurité) plus élevées" que celles des autorités américaines, a indiqué M. Lyman. La présidente d'Areva, Anne Lauvergeon, a affirmé mercredi que l'EPR aurait évité les fuites radioactives à Fukushima.

 

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